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Ode au Chenin

January 9, 2019

      On pourrait s’en délecter quotidiennement, infiniment, jusqu’à ce que mort s’en suive. Incroyablement versatile, on le retrouve sous diverses formes : pétillant, sec, demi-sec et moelleux. Autant dire que ce fabuleux cépage angevin peut vous régaler du petit-déjeuner au dîner (avec modération bien entendu). En somme, on est tous les trois amoureux du chenin et il fallait qu’on vous en parle.

 

Le cépage Chenin

 

 

        Très probablement originaire de l’Anjou et de Touraine le chenin est un descendant du savagnin, cépage phare du Jura – qui mérite quelques lignes lui aussi. On le retrouve principalement dans la région viticole du Val de Loire (Vouvray, Savennières, Bonnezeaux pour ne citer qu’eux) mais également dans le monde entier avec en tête l’Afrique du Sud qui détient 53% de la production globale contre 28% pour la France. Encore aujourd’hui il est difficile d’indiquer à quelle date le chenin est apparu (certains disent entre le VI et XIe siècle). Cependant, en 1513 un certain Thomas Bohier alors maire de Tours fait construire le château de Chenonceau et entame la plantation du fameux cépage près du manoir de Montchenin (d’où le nom « chenin »).

 

On est passé, au niveau international, de 60 000 hectares de plantation en 1990 à 35 000 en 2010, car les vignerons l’ont délaissé au profit du chardonnay, un cépage moins contraignant en terme de viticulture. Le chenin est un cépage robuste et fertile mais exigeant à cultiver. Son débourrement[1] est relativement précoce et par conséquent il est très sensible aux gelées de printemps, à l’oïdium[2] et au botrytis.

 

 

Le paradoxe du botrytis

 

     Vous connaissez ce voile gris poudreux qui gâche une partie de la fraise que vous vous apprêtiez à manger et par conséquent votre plaisir à croquer dans la chaire sucrée de ce fruit rouge délectable.

Quand une grappe est attaquée par la pourriture grise cela peut entraîner des pertes de rendements extrêmement importantes. Le champignon en question détruit les polyphénols (indispensable à la qualité du raisin et a fortiori du vin). Il faut savoir que quelques grains de raisins contaminés peuvent détruire une cuve entière.

Or sous un contrôle méticuleux et des conditions atmosphériques idéales, ce champignon peut créer ce qu’on appelle pourriture noble, à l’origine des vins liquoreux les plus prestigieux au monde comme ceux de Sauternes près de Bordeaux, ou le Tokaj en Hongrie. En gros il faut un climat alternant humidité le matin (type brume) et ensoleillement l’après-midi. Le voile sur le grain de raisin sera léger, absorbera l’eau et le raisin ainsi desséché se concentrera en sucres d’autant plus. Mais il ne faut pas croire que c’est aussi simple que cela. La météorologie a un impact conséquent sur la réussite ou non du millésime. Il est nécessaire de vendanger par tries successives pour récolter uniquement les grains surmaturés et non pourris, ce qui par extension permet un rendement très faible à l’hectare. C’est un travail de longue augure, qui requiert une minutie folle et hante les vignerons toute l’année avec ce cauchemar : le risque de tout perdre à quelques jours des vendanges. On comprend pourquoi ces vins sont généralement plus onéreux que d’autres. Ils présentent une complexité aromatique absolument incroyable avec des notes de miel, de fruits confits, de pâtes de fruits, de noix, de fleurs, de tilleul et j’en passe. Leur capacité de vieillissement peut atteindre le centenaire pour donner une magnifique couleur ambrée foncée. Un chenin botrytisé de Loire à goûter avant de passer l’arme à gauche ? La Goutte d’Or du Clos Naudin de Philippe Foreau, basé à Vouvray. C’est un vin produit exclusivement quand le millésime est jugé exceptionnel. En effet, seulement trois millésimes ont été produits pour cette cuvée ces trente dernières années : 1990, 2011 et 2015.

 

 

Et ça goûte quoi ?

 

     Le chenin donne des vins très élégants et complexes quand ils sont bien faits. On reconnaît un excellent vin à base de cette variété de raisin quand il y a un bel équilibre entre l’alcool, l’acidité et la rondeur. Il possède une acidité élevée qui lui permettra de vieillir plusieurs dizaines d’années d'une part, et d'autre part dote les crémants d'une jolie fraîcheur. Jeune il donne des arômes d’agrumes, de coings, reine-claude, pêche, mangue. Plus vieux on retrouvera des arômes de miel, fruits secs et fruits confits. Botrytisé on trouvera même des arômes de cire d’abeille ou encore de champignon séché sur certaines quilles.

 

Au P’tit Pinard on vous conseille de goûter…

 

 

    Alors oui c’est bien rigolo d’en parler et on vous voit déjà saliver sur votre clavier d’ordinateur face à ces éloges interminables de ce cépage merveilleux, mais qu’est-ce qu’on peut déguster au P’tit Pinard ?

 

   Comme on aime beaucoup ça – je pense que maintenant vous avez bien compris – on a décidé d’en sélectionner trois qui valent un p’tit détour au moins une fois. Et bien évidemment on vous donnera toutes les références que vous pouvez trouver chez nous.

 

  • Pour l’effervescence on vous conseille la cuvée « Ancestrale » du domaine Les Terres Blanches. Céline et Benoît BLET ont repris ce vignoble en biodynamie il y a bientôt une quinzaine d’années situé à Oiron dans les Deux-Sèvres. Les bulles sont fines et dynamiques, des arômes de coing, de pomme mûre. C’est un vin raffiné, rafraîchissant avec une belle palette aromatique qui n’a rien à rougir de ses confrères champenois.

 

  • Pour la version « sec », dirigez-vous vers le Touche-Mitaine du domaine du Rocher des Violettes. Cet AOC Montlouis-sur-Loire, élaboré de la main de maître de Xavier WEISSKOPF, donne un vin aux arômes de fleurs blanches et d’agrumes, d’une belle finesse et minéralité. Et entre nous, prenez une quille à emporter et oubliez-la pendant quelques années… C’est un vin à grand potentiel de vieillissement !

 

  • Pour les gourmands amateurs de sucres résiduels on retourne au domaine des Terres Blanches. La cuvée « Blet Tendre » est ce qu’on appelle un « demi-sec », c’est-à-dire qu’il a un niveau de sucres résiduels (non transformés pendant la phase de fermentation) supérieur à 2g/L et donc qu’il ne peut pas être classé en « sec », mais inférieur à 45g/L (pour les liquoreux). Ce qui est formidable avec ces vins c’est que malgré la teneur en sucres, il y a encore de l’acidité ce qui lui permet d’avoir un bel équilibre et de ne pas être trop lourd. On trouvera des notes mielleuses et de fruits confits avec une bouche ample et gourmande.

 

On n’oublie pas les autres, qui méritent amplement d’être bus également :

 

Les 4 cuvées du domaine Gigou, AOC Jasnières :

  • Le Clos St Jacques 2015 avec ses beaux reflets dorés, son côté salin et son équilibre parfait entre l’acidité et la rondeur qui se mariera parfaitement avec des huîtres.

  • Le Clos St Jacques 2000. Un chenin vieux de 19 ans ! On n’a pas l’occasion de goûter ça tous les jours. Une minéralité extrêmement intense avec des arômes évolués, légèrement fumés. Un grand vin qui en a encore dans le ventre.

  • Raisins Nobles 2015. Un peu de sucres, des arômes de miel et de coing et une belle finesse. Il s’accordera parfaitement sur des desserts un peu acides comme une tarte à l’abricot ou du foie gras.

  • La Bulle Sarthoise. Pour finir, le vin effervescent du domaine. Un vin très « nature » pour les amateurs et une bulle très fine.

 

  • La cuvée Remus 2014, du domaine de la Taille aux Loups, AOC Montlouis-sur-Loire. On ne présente plus Jacky Blot tellement c’est une référence dans la région. Il cultive 25 hectares à Vouvray et Montlouis et propose le cépage local sous toutes ses formes. C’est un grand chenin aux notes d’agrumes et de fruits jaune et légèrement boisé, à la bouche ample mais tendue. Un vin d’une grande pureté qui peut vieillir plusieurs décennies.

 

 

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[1] Débourrement : dans le cycle végétatif de la vigne c’est la période à laquelle les bourgeons apparaissent, vers début avril.

 

[2] Maladie de la vigne causé par le champignon Erysiphe necator, appréciant l’air chaud et humide. Les jeunes feuilles sont très sensibles à l’oïdium. Les baies, en revanche, dès qu’elles atteignent 8% de sucre, ne le sont plus.

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